Le songe et son double (s.03, ep8), invitée: Julia Lepère
Julia Lepère est poète, romancière, comédienne et dramaturge. Nourrie par la contemplation — la mer, les arbres, la lecture — elle revendique une écriture qui prend son temps, et carbure, dit-elle, à l’imagination. Elle a publié trois recueils de poésie : Je ressemble à une cérémonie (Corridor bleu, 2019), Par elle se blesse (Flammarion, 2022) et Molly Fall (Angle Mort Éditions, 2024). Elle donne régulièrement des lectures publiques, souvent accompagnée de musiciens, et anime des ateliers d’écriture dans des écoles, associations et prisons. Aujourd’hui elle vient nous parler de son premier roman, La mer et son double, de la genèse du texte et de ses sources d’inspiration.

Première diffusion le samedi 2 mai à 10h sur Radio Grenouille 88.8FM, rediffusion vendredi 8 mai à 13h, et en podcast ci-dessous et autres plateformes (Deezer, Spotify)
La couverture — L’illustration est une œuvre de Jane Graverol (1905–1984), peintre surréaliste belge injustement méconnue. Influencée par Magritte, De Chirico et les poètes symbolistes, elle cultivait un univers résolument onirique — ses toiles, qu’elle appelait « des rêves éveillés, des rêves conscients » — et plaçait ses figures féminines sous le signe de la dualité : clarté et ténèbres, intérieur et extérieur.
Peinant à relire mon écriture, j’ai bien écorché (escagassé) la citation de Gérard de Nerval qui pour moi évoque une partie de l’univers du roman de Julia Lepère. La voici donc ci-dessous:
« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. […] Ici a commencé pour moi ce que j’appellerail’épanchement du songe dans la vie réelle. À dater de ce moment, tout prenait parfois un aspect double, — et cela sans que le raisonnement manquât jamais de logique, sans que la mémoire perdît les plus légers détails de ce qui m’arrivait. Seulement mes actions, insensées en apparence, étaient soumises à ce que l’on appelle illusion, selon la raison humaine… »
— Gérard de Nerval, Aurélia, Première partie, 1855
Proposition d’écriture : venu·e de nulle part
Une personne surgit du désert. Elle est hébétée, silencieuse, sans mémoire ni identité. Elle marche. Elle ne sait pas pourquoi. L’horizon est vide et total. Elle monologue — à elle-même, au paysage, à des éléments (le sable, une dune, un lézard, un buisson rabougri) : à vous de choisir. Incluez du concret avec des descriptions qui s’alignent sur les états émotionnels de cette personne.
Envoyez vos textes à jeanmarc@despapousamarseille.fr — retour par écrit garanti !
Références
La mer et son double, Julia Lepère, Éditions du sous-sol, 2026.
Molly Fall, Julia Lepère, Angle Mort Éditions, 2024. Recueil de poésie.
Par elle se blesse, Julia Lepère, Flammarion, 2022. Recueil de poésie.
Je ressemble à une cérémonie, Julia Lepère, Éditions du Corridor bleu, 2019. Recueil de poésie.
Notre part de nuit, Mariana Enriquez, Éditions du sous-sol, 2021.
Paris, Texas, Wim Wenders, Film, 1984. Palme d’or Cannes 1984.
Les Vagues, Virginia Woolf, 1931.
Le rire de la Méduse, Hélène Cixous, 1975, Gallimard.
Jane Graverol (1905–1984)— peintre surréaliste belge.
Aurélia, Gérard de Nerval, 1855.
Festival Oh! Ma parole du 6 au 16 Mai.
Les Escrivades 2025, le livre des journées d’ateliers d’écritures.
Musiques
Générique: extrait de Fatigue Universelle des Troublemakers.
B.O du film Paris, Texas, Ry Cooder.
Love what you do, The divine comedy.